L’histoire de Yishai Shitrit

L'histoire de Yishai Shitrit

Volontaire du MDA, Yishai Shtarit, étudiant à la yeshiva hesder de Sderot, se préparait pour une fête de « Simhat Torah » émouvante et exaltante à la yeshiva, « Nous nous sommes levés pour un autre Shabbat, le cœur préparé pour une Simhat Torah émouvante à la yeshiva, quand soudain les sirènes ont tout bouleversé, des tirs de barrage intenses, des sirènes qui ne s’arrêtaient pas ».

Yishai a raconté que sur son téléphone est installée une application dédiée aux équipes du MDA, qui alerte les volontaires de garde en cas d’urgence selon la distance de l’événement « Mon téléphone n’a pas eu le temps de vibrer et de signaler les cas d’urgence » se souvient-il « Ici tir dans la poitrine, là tir et blessure grave. J’ai compris que quelque chose d’autre se passait et pas seulement des tirs de roquettes. C’était étrange. Nous ne comprenions pas exactement ce qui se passait, mais j’ai compris qu’il s’agissait d’un incident sécuritaire ».

Il raconte. « Mon ami volontaire au MDA, Meir Pinchover, et moi sommes sortis immédiatement en voiture afin de répondre aux appels d’urgence et de fournir les premiers secours aux victimes. Nous avons emmené avec nous deux soldats de la yeshiva pour toute éventualité ».

 

« Personne n’imaginait ce qui se passait réellement. Nous sortons de la yeshiva, tournons à droite vers la rue principale et arrivons au commissariat. » Sous les yeux des volontaires du MDA s’offre un spectacle inconcevable. Un grand nombre de terroristes du Hamas, armés et portant un bandeau vert, sortent de véhicules Toyota blancs et prennent d’assaut le commissariat de la ville.

Certains d’entre eux ont repéré le véhicule des volontaires du MDA qui approchait et ont ouvert le feu dans sa direction. « J’ai eu une réaction instinctive », raconte Yishai. « Je n’ai pas réfléchi, j’ai agi en pilote automatique, j’ai fait demi-tour et je suis monté sur le trottoir pour éloigner mes amis du danger, et la voiture a soudain calé », se souvient-il de ces moments dramatiques.

« Ce fut notre premier miracle ce jour-là. La voiture ne bougeait plus, dans une zone grouillant de terroristes, et nous étions totalement à découvert. J’essaie, j’appuie sur l’accélérateur, et pendant ce temps l’un des soldats qui étaient avec moi dans la voiture tire sur les terroristes. Je ne sais pas comment, mais ça a marché, ils ne nous ont pas chargés.

Pendant tout ce temps il y avait des échanges de tirs. Finalement nous avons réussi à partir de là, directement retour à la yeshiva, tout en signalant au centre du MDA ce qui se passait.

Arrivés à la yeshiva, nous avons interrompu la prière et averti les gars. À la yeshiva, tout le monde respecte le Chabbat et n’est pas connecté au téléphone, et c’était aussi tôt le matin. Nous avons bien fermé la yeshiva et nous nous sommes répartis en équipes. Ceux qui avaient une arme se sont organisés pour la défense, et tous les secouristes se sont préparés à aider aux soins médicaux.

Nous avons rassemblé le matériel médical, révisé les protocoles et nous nous sommes préparés à soigner les blessés. Des personnes âgées et des familles du quartier sont venues se cacher chez nous ; la yeshiva est devenue une sorte de forteresse. Au bout d’un moment, quand les tirs se sont un peu calmés, un ami de la région Ayalon du MDA et moi sommes sortis de la yeshiva, encore en habits de Chabbat, et sans réfléchir à deux fois nous nous sommes dirigés vers la station du MDA, où un hôpital de campagne avait été installé.

Nos collègues du MDA ont accueilli cette aide avec soulagement. J’ai participé aux évacuations de blessés : soigner un blessé, l’évacuer, revenir à Sdérot et recommencer, jusque tard dans la nuit. Il serait trop long de raconter tout ce que nous avons fait et les scènes dont nous avons été témoins. Nous avons soigné des blessés, arrêté des hémorragies, rassuré, et malheureusement aussi pris en charge de nombreux morts rassemblés à la station de Sdérot.

C’est une expérience sans pareille, d’abord sauver des vies, un travail auquel je suis habitué mais traiter avec respect le corps d’une personne assassinée, c’est aussi une mission sacrée et nous avons eu le privilège de faire cela aussi en plus de soigner les victimes. Adultes, policiers, soldats, civils…

À un certain moment du Shabbat, le directeur général du MDA est arrivé à la station de Sderot et nous a apporté un soutien mental. Du petit matin jusqu’aux petites heures de la nuit, nous avons soigné des victimes et des morts. Alors que des bruits de tirs se faisaient encore entendre dans la ville de Sderot. Tout le Shabbat nous étions occupés à agir et nous ne nous sommes pas arrêtés pour penser à la confrontation avec les terroristes près du poste de police, ce n’est que tard dans la nuit que j’ai réalisé que j’avais échappé à la mort et seulement par chance ou par providence divine, je n’étais pas l’un des morts. »

En tant que résident de Kiryat Shmona, Yishai symbolise en quelque sorte dans son parcours ce que vivent les habitants de l’État d’Israël « J’ai été évacué de ma maison à Kiryat Shmona » raconte-t-il. « Avant d’être évacué de la maison, j’ai encore eu le temps de faire des gardes à la station et aujourd’hui je m’efforce autant que possible d’effectuer des gardes à la station de Sderot et d’aider les habitants de la ville. J’ai fait tout ce que je sais et ce qu’on m’a appris et ce sur quoi je me suis entraîné. La réalité quotidienne de tous les habitants de l’État d’Israël aujourd’hui n’est pas normale » conclut Yishai.

 

« Toute organisation est composée d’individus, de personnes. Les citoyens de l’État d’Israël peuvent compter sur le MDA, qu’en cas de besoin les volontaires, les employés et les employées, feront ce qu’il faut pour les atteindre le plus rapidement possible, pour les soigner avec dévouement et professionnalisme et pour les amener à l’hôpital à temps ». a déclaré Yishai.

Depuis le 7 octobre, la vie de Yishai Shtarit a continué de changer. L’étudiant de la yeshiva hesder qui était sorti ce matin-là de la salle d’étude pour soigner des blessés s’est ensuite engagé comme combattant dans la brigade Kfir, a combattu à Gaza et a récemment été libéré de son service. Il s’est également marié et a établi son foyer à Sderot, la ville où il a étudié, fait du bénévolat au MDA et où, le matin du 7 octobre, il s’est retrouvé face à des terroristes près du poste de police.

Aujourd’hui encore, il revient souvent en pensée à ce matin-là. Au souvenir du trajet avec son ami du MDA Meir Pinchover, à la rencontre avec les terroristes, au retour à la yeshiva et aux longues heures durant lesquelles il a rejoint les équipes du MDA à la station, a soigné des blessés et est sorti encore et encore pour des évacuations.

Dans les années qui ont suivi, il a également été soldat et combattant, mais le bénévolat au MDA a précédé tout cela. Le 7 octobre, avant même de s’engager dans l’armée, la formation qu’il avait reçue comme secouriste et l’expérience qu’il avait acquise comme volontaire lui ont donné les outils pour agir dans un événement que personne autour de lui ne connaissait. Après avoir réussi à s’éloigner des terroristes, lui et ses amis ont signalé au centre du MDA, ont organisé à la yeshiva les secouristes et l’équipement médical et ont ensuite rejoint les équipes à la station de Sderot.

Aujourd’hui, marié, après son service comme combattant à Gaza et vivant à nouveau à Sderot, ce jour reste pour lui un point dans le temps auquel il revient. Non seulement à cause de la confrontation dont il a réchappé, mais aussi à cause des heures qui ont suivi, durant lesquelles il a continué à faire ce qu’il savait déjà faire en tant que volontaire du MDA, sauver des vies.

 

 

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