Les opérateurs et opératrices du centre d’appels du Magen David Adom sont ceux qui ont envoyé leurs collègues sur le terrain dans les ambulances ; ce sont eux qui ont reçu les appels d’Amit Man que son souvenir soit béni et d’Aviya Hetzroni que son souvenir soit béni, assassinés à Be’eri ; ce sont eux qui ont reçu les rapports concernant de nombreux membres du Magen David Adom qui ont été touchés par balles à l’intérieur des ambulances alors qu’ils se rendaient sauver des vies, parmi eux Aharon Haimov que son souvenir soit béni. Malgré tout, les opérateurs du centre 101 ont continué à fournir une réponse au milieu du chaos et à se concentrer sur la mission qui leur incombait : sauver des vies.
Liz Peretz Katz, officière de garde au centre d’appels du Magen David Adom dans la région du Néguev, s’est retrouvée elle aussi, à maintes reprises, dans des situations inconcevables ce samedi-là.
« Nous avons reçu des appels à l’aide concernant des tirs. Entre autres, nous avons dépêché une ambulance de soins intensifs depuis Ofakim, à bord de laquelle se trouvaient Peter Lasnik et Danny Shtekerman. Quelques minutes plus tard, Danny a signalé par radio qu’on lui avait tiré dessus près du carrefour d’Urim et qu’une cellule terroriste progressait en direction d’Ofakim. Ensuite, l’un des responsables du centre, Omri Levi, a crié qu’un autre conducteur d’ambulance, Aharon Haimov, se trouvait très près d’Urim, près de l’endroit où devait se trouver une cellule terroriste,
et qu’il ne lui répondait plus. J’ai essayé moi aussi d’entrer en contact avec lui, mais il n’a pas répondu ; ni par radio, ni par téléphone, ni par messages ; nous avons reçu des rapports concernant de nombreux incidents de tirs autour de sa position et nous étions très inquiets. Entre-temps, j’ai reçu un appel de Meir Almaliah, directeur de la station de Netivot. Il a signalé que son ami proche, le conducteur d’ambulance bénévole Aviya Hetzroni, avait été touché par balles par des terroristes et saignait. Il a demandé que nous le sauvions. Il s’était traîné jusqu’à l’abri renforcé, je lui ai rappelé comment arrêter l’hémorragie.
J’ai parlé avec lui plusieurs fois ; d’un appel à l’autre, il s’affaiblissait de plus en plus, jusqu’à ce qu’il ne réponde plus ; pendant ce temps, l’équipe du centre, dont je faisais partie, dépêchait des ambulances pour les appels d’urgence, se battait pour des évacuations dans une situation impossible, coordonnait avec l’armée les évacuations depuis les kibboutzim, dirigeait les ambulances vers des sites de traitement temporaires à Névé, à Ofakim, à Netivot et ailleurs.
Amit Man nous a également appelés plusieurs fois depuis la clinique de Be’eri, a signalé l’état des blessés et s’est renseignée sur ce qui se passait. À un moment donné, un civil nous a signalé qu’une ambulance avait été impliquée dans un accident et que son conducteur semblait inconscient. Nous avons immédiatement compris qu’il s’agissait d’Aharon Haimov. Aharon, Aviya et Amit. Tous ont été assassinés alors qu’ils tentaient de sauver des vies. »