L’histoire de la station Magen David Adom de Sderot lors du Shabbat noir est une histoire de travail d’équipe, d’ingéniosité remarquable et de dévouement absolu. 06h30 est l’heure où le service de nuit de Magen David Adom touche à sa fin et où le service du matin est sur le point de commencer. L’une des ambulances de soins intensifs de Sderot était occupée par le paramédic Netanel Dahbash et David Azriel (Doudou), l’un des conducteurs les plus expérimentés de la station Magen David Adom de Sderot. Durant la nuit, l’équipe a traité un cas et est revenue à la station vers 06h00. Un calme absolu régnait, une atmosphère matinale.
Les pensées commencent à se tourner vers la journée à venir et le temps en famille pour Simhat Torah.
Soudain, des sirènes ont déchiré le silence. Même pour les membres de Magen David Adom de Sderot, habitués aux alertes, cela était très inhabituel — l’absence d’avertissements préalables, l’heure matinale et l’intensité des tirs incessants. Après environ un quart d’heure, ils sont sortis de l’abri et ont entendu des coups de feu, « Nous ne savions pas exactement de quoi il s’agissait, mais nous avons compris que quelque chose de très inhabituel se produisait ».
L’équipe de Dahbash et Doudou — ainsi que d’autres équipes de nuit et des équipes supplémentaires arrivées pour assurer le service du matin — ont très vite compris qu’ils opéraient sur un champ de bataille. Tout s’est passé rapidement. Un véhicule est arrivé à toute vitesse à la station, crissement de freins, cris : « Il y a des terroristes à Sderot ! » Gémissements de douleur de blessés et appels à l’aide. Tout se mêle dans les souvenirs des membres de l’équipe. Dans le véhicule se trouvait une personne gravement blessée, touchée par balles dans tout le corps — poitrine, abdomen, membres — les femmes et les hommes de Magen David Adom de Sderot comprennent qu’il y a également des tirs à l’intérieur de la ville et pas seulement une « alerte rouge ».
Ils sortent le blessé du véhicule, ferment le portail d’entrée de la station et commencent à prodiguer les soins. Des habitants de Sderot touchés par balles sont arrivés à l’endroit qui symbolise pour eux la médecine et le réconfort — la station Magen David Adom. Après le premier blessé, d’autres blessés ont continué à affluer, véhicule après véhicule, tous gravement atteints.
À ce stade, le paramédic Amit Hanania est arrivé à la station. Il a quitté son domicile à Ashkelon et a miraculeusement échappé à une confrontation avec les terroristes, tout comme le paramédic Guiorgui Gouliak. Ils sont rejoints par les paramédics Ariel Elbaz et Hillel Kholodnenko, ainsi que par les secouristes Odelia Souissa, Yaniv Tayar et Meir. Ils comprennent que cette fois la situation est différente et établissent un poste de soins à l’intérieur de la station : dans la cuisine, une zone de traitement pour les blessés ambulatoires,
et dans l’abri, une zone de traitement pour les blessés alités. Ils ont arrêté les hémorragies, pansé les plaies, administré des fluides et du plasma, mais ont compris que leurs blessés devaient être transportés à l’hôpital pour que leurs vies soient sauvées. À ce moment-là, ils voient le fourgon des terroristes passer dans les rues et commencent à délibérer.